TOUT SUR LA LAINE

Origine de la laine

La toison du mouflon ou du mouton sauvage (on ne sait si le mouton descend du mouflon ou s’il s’agit  d’une autre espèce) est composée de trois fibres différentes :

Le poil, présent toute l’année, protège de la pluie, du soleil, des buissons et épines

Le jarre, sorte de poil très rigide, protège l’agneau à la naissance, pousse très vite puis reste en suspension dans la  toison lorsque celle-ci le recouvre.

La laine est le sous-poil (ou duvet ), c’est une fibre très fine et de structure beaucoup plus complexe que celle du poil ; elle pousse en automne pour protéger l’animal des rigueurs de l’hiver puis tombe au printemps.

L’ensemble cette toison assure une protection presque parfaite à l’animal.

 

La fibre de laine.

Fibre complexe, fine (de 14 à 40 microns) frisée donc élastique, garnie d’écailles permettant le feutrage (accrochage des fibres par leurs écailles), restant isolante même mouillée, plus ou moins résistante et douce selon les races, le climat, l’alimentation des animaux.

L’intervention humaine, la sélection génétique.

L’homme a commencé à transformer la laine en feutre puis en fil à l’age de bronze, en prélevant la matière par arrachage ou brossage des animaux à la période de mue. L’age de fer permettra la tonte des animaux, par conséquent la disparition de la mue de la laine, et la récolte de l’ensemble de la toison.

Selon les régions, le climat, la végétation, le mode d’élevage et son but, la destination de la laine, l’homme a sélectionné les ovins et leur toisons.

La sélection permettra de supprimer le poil, le jarre, les fibres de couleur, et donnera des fibres plus longues, blanches, fines etc… Elle permettra donc la teinture, la réalisation de produits plus fins, plus doux, une valorisation de la laine qui deviendra un produit hautement spéculatif.

D’un autre côté, le mouton sélectionné est moins protégé par sa toison : celle-ci peut accumuler l’eau de pluie, s’accrocher dans les buissons… On doit donc protéger le mouton des nuits les plus froides et humides par la construction de bergeries, ne plus les laisser pâturer sur des terres non défrichées, et l’alimentation des animaux doit être aussi régulière que possible pour éviter tout défaut de la fibre (cassure, jaunissement…)

Une fois commencée, la sélection ne doit pas cesser pour éviter une dégradation du degré de protection de la toison.

 

Après 12000 ans de sélection, situation actuelle:

 Trois grands types de laine

 – Laines « standard », blanches (exception faite de quelques races de couleur), l’aboutissement de la sélection : de 14 à 35 microns selon les races et les régions de production, homogénéité, aptitude à la teinture et à la transformation industrielle, possibilité de fabriquer des produits fins et légers.

– Laines jarreuses, de couleurs ou piquées, sélection arrêtée à un certain stade, du fait des conditions climatiques et du mode d’élevage mais aussi de leur aptitude à la transformation locale (pas de teinture) : de 27 à 40 microns, relativement dures, mais de haute résistance, produits divers et plutôt rustiques.

– Laines peu ou pas sélectionnées, du fait de la rudesse du climat, des conditions d’élevage (plein air, pas d’abri) et d’une alimentation non régulière (sécheresse périodique) : toisons mélangées (laine, poil, jarre) de couleur, variation de 20 à 60 microns dans une même toison, laines utilisées pour les tapis principalement.

Autres fibres :

mohair : fibre lisse, très solide, lustrée et douce

lapin angora : fibres très fines (10 microns), extrêmement douces

cachemire : sous poil d’une espèce caprine, très fine et douce

alpaga : fibre fine, très solide, agréable au toucher

Transformation :

– Lavage

– Cardage : démêlage des fibres

 Après un premier cardage,  trois options :

– Feutrage

– Cycle cardé : voile de laine séparé par un diviseur puis filage après un léger étirage (10 à 50%).

Les fibres sont peu parallélisés, le fil est peu résistant mais élastique et apte à prendre du volume, adapté aux fibres courtes.

– Cycle peigné : voile de laine rassemblé en mèche puis étiré et filé après un étirage de 25 à 200 fois.

Les fibres sont parallélisées, le fil est lisse et résistant, mais peu souple ; impossible à réaliser avec des fibres courtes.

– Tissage

– Tricotage

La récolte

 Pour permettre une transformation optimale de la laine, la récolte doit être réalisée avec le plus grand soin, de préférence dans une salle de tonte, où le tondeur se trouve en position surélevée, à défaut sur un chantier de tonte bâché.

Lors de la tonte, le ramasseur de laine veille à la propreté du chantier, écarte les ventres, crottes et autres déchets. Dès que l’animal est relâché par le tondeur, le ramasseur doit récupérer la toison en saisissant les cuisses par en dessous, le reste de la toison reposant sur ses bras. Il peut ainsi envoyer la toison sur la table de tri en la retournant par en dessous.

La toison se retrouve étalée sur la table, côté chair en dessous (1), prête pour le débordage.

Celui-ci consiste écarter les bas de cuisses si elles sont poilues ou très grossières (2), les marques éventuelles de peinture, le cou s’il est chargé en végétaux (3), la gouttière (dessous du cou) si elle est feutrée, les restes de laines de ventre encore accrochées à la toison, les parties souillées, les crottes, etc….

Si un trieur est présent sur le chantier de tonte, il décide à ce moment de la destination de cette toison.

Si aucun trieur n’est présent, cas le plus courant en Europe, le ramasseur doit rouler la toison pour permettre son triage ultérieur.

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